Les différences entre le RU et la Bulgarie… Où vit-on le mieux?

Voici un article intéressant sur les différences au sein de l’UE et un bel exercice d’humour!

Londres ou Sofia ? J’ai fait mon choix ( 23.12.2011 – Ioulian Popov)

Où vit-on le mieux, au Royaume-Uni ou en Bulgarie ? La réponse n’est pas si évidente que cela – la preuve avec ce texte de l’écrivain et politologue bulgare Ioulian Popov, qui vit à Londres…

Le Royaume-Uni et la Bulgarie. Où vit-on le mieux ? Pour nous, la question ne se pose pas. Parce qu’on connaît tous la réponse : ce sont les Bulgares qui ont la vie la plus dure de tous. C’est nous qui sommes les plus pauvres, les plus arriérés ; c’est nous qui respirons l’air le plus pollué ; et nous n’avons pas de Prix Nobel, pas de milliardaires…

Si l’on pose la même question aux Britanniques, ils répondront sans doute la même chose : oui, ce sont les Bulgares qui vivent le plus mal dans l’ensemble de l’Union européenne (UE), ce sont eux les plus pauvres, les plus arriérés, etc. On dirait même que sur cette question l’UE entière pourrait trouver une position commune : les Bulgares sont les plus mal lotis. Ce n’est pas faux. Si l’on compare, par exemple, la superficie des logements bulgares et britanniques on constate rapidement que nos compatriotes vivent les uns sur les autres. Mais si l’on considère que la population du Royaume-Uni avoisine les 50 millions pour un pays à peine plus grand que la Bulgarie, les sept millions de Bulgares peuvent se considérer comme des veinards. Le Britannique habite dans une grande ville agrémentée de quelques espaces verts ; le Bulgare, lui, a la chance d’habiter dans un grand espace vert avec ici ou là quelques zones d’habitations éparpillées entre les montagnes et la mer.

La maison, c’est important. C’est même la chose la plus importante pour le Britannique qui a inventé l’expression : “Ma maison, ma forteresse”. Mais en réalité ce même Britannique vit constamment dans la peur de devoir se séparer de sa fameuse forteresse, qu’il a achetée à crédit – s’il perd son emploi, par exemple, cette hypothèse est tout à fait tangible. Les Bulgares, qui sont dans leur grande majorité propriétaires de leur logement, ne peuvent le perdre grosso modo qu’en cas de divorce. Alors, ils retournent habiter chez leur mère ou leur grand-mère. Le Britannique, lui, n’a plus d’endroit où aller : sa mère vit sa propre vie et sa grand-mère habite dans une maison de retraite. Au Royaume-Uni, les locataires des maisons de retraite sont seize fois plus nombreux qu’en Bulgarie. Mais, même si le Britannique qui vient de perdre sa maison pouvait se réfugier sous le toit maternel, là-bas il mourrait de faim : sa mère ne plante pas des concombres et des tomates dans le jardin ; elle n’élève pas des poulets et un cochon, mais fait pousser des magnolias et soigne sa pelouse.

Le grand drame du Britannique est que plusieurs gouvernements successifs lui ont promis que son niveau de vie continuera à augmenter. Et quand on tombe de haut, on se fait mal. Très mal. Le Bulgare, lui, n’a pas ce genre de problème : il a toujours vécu persuadé non seulement qu’il va mal mais que la situation n’a aucune chance de s’améliorer. Lorsque c’est le cas, il est presque rassuré : tout se déroule selon ses prévisions ! Et puis, quand ça va mal, il sait qu’il peut aller voir ailleurs : il peut tenter sa chance en Espagne, en Angleterre, en Libye… Le Britannique, lui, ne sait pas où aller. C’est vrai que près de 5 000 Britanniques ont choisi de vivre dans notre pays où ils ont acquis des résidences à des prix défiant toute concurrence. Mais vu que le bulgare n’est pas une langue obligatoire dans les écoles britanniques, leur intégration chez nous a ses limites. Pourtant, au train où vont les choses dans leur pays, leur dernière chance est de rester ici… Quand le Bulgare part faire fortune en Angleterre, sa seule pensée est de rentrer au pays. Il revient riche, il est devenu quelqu’un ! Il se bâtit une nouvelle maison, plante des arbres fruitiers et aménage sa cave en buvette traditionnelle avec écran plat ! S’il est malin, il peut même continuer à percevoir ses allocations chômage britanniques.

De plus, le Bulgare ne paie pas d’impôts. Le Britannique, si. Et il est de notoriété publique que rien ne rend les gens plus malheureux que de devoir payer des impôts, surtout lorsqu’ils ne font pas confiance à leurs dirigeants. Ce qui est le cas pour les Bulgares  – comme pour les Britanniques.

Nous, les Bulgares, nous plaignons sans cesse de nos médecins et de nos hôpitaux. Avec raison d’ailleurs. Moi, je touche du bois parce que jusqu’à présent je n’ai pas eu besoin de soins médicaux particuliers. Mais je ne sais pas si le Britannique est vraiment mieux loti que moi… A Sofia, j’ai été un jour mordu par un chien errant et l’on m’a administré une piqûre contre la rage dans un dispensaire de quartier. Mais j’ai eu un mal fou à trouver une infirmière à Londres pour faire le rappel.

On ne peut pas comparer deux pays sans parler de leurs forces de l’ordre. Avec le policier bulgare, il est facile de s’entendre. Si vous vous faites arrêter pour excès de vitesse par exemple, vous pouvez expliquer que votre femme est malade ou que votre sœur est enceinte et il y a de fortes chances qu’on vous laisse repartir. Il est vrai aussi que l’automobiliste bulgare a la fâcheuse habitude de distribuer des billets de 20 leva [10 euros] aux policiers, parfois même sans que ces derniers le lui demandent. Le policier britannique, c’est autre chose. Il n’a aucun sens de l’humour, ni des réalités humaines, et il se contente de faire son boulot. Comment s’entendre avec un policier pareil ?

On pourrait multiplier les exemples à l’infini. Mais une seule conclusion s’impose : la vie du Britannique n’est franchement pas une partie de plaisir. Une chose reste, en revanche, un mystère : pourquoi ne se plaint-il pas comme nous mais continue-t-il de supporter stoïquement son sort ?

http://www.courrierinternational.com/article/2011/12/23/londres-ou-sofia-j-ai-fait-mon-choix

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1 comment
  1. Good info. Lucky me I found your blog by accident (stumbleupon).

    I’ve saved it for later!

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